samedi 27 mars 2021

Une crise oubliée en République démocratique du Congo : l'enfance exploitée dans les mines artisanales

 Article original en français

José Maria Vasconcelos Junior
Mika Peliganga

Notre article sur le travail des enfants dans les mines informelles du Congo, plus précisément dans les mines illégales du Kasaï, une des province de Congo, vient dénoncer la pratique illégale et inhumaine qui consiste à employer des enfants pour travailler dans les mines. Cette exploitation s’inscrit dans le champ des missions que s’est fixée l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) qui oeuvre à promouvoir la paix, la démocratie et les droits de l’Homme à travers le monde.

Travail des enfants dans les mines en République Démocratique du Congo -  Humanium

www.humanium.org

La province du Kasaï, des mines informelles où travaillent de plus en plus d’enfants  

Cartes et repères sur la RDC - ritimoLa province du Kasaï oriental est située au sud de l'Équateur et à l’est du méridien d’origine. En observant la situation dans les divers sites miniers illégaux du Kasaï, il est évident que l’élimination du travail des enfants est encore loin d’être une réalité et demeure un objectif à atteindre. Il est plus qu’urgent que les enfants reçoivent une attention et une aide à la hauteur du problème. Cette lutte doit être menée à tous les niveaux. Elle demande une réponse urgente du gouvernement congolais, des entreprises et de toute la communauté.

Des données précises sur la situation des enfants sont essentielles pour espérer pouvoir porter assistance aux enfants victimes des abus et de l’exploitation, afin de mieux cadrer les débats sur les mesures à prendre. Dans cette optique, et avant cela, dans le but de sensibiliser l’opinion sur la condition des enfants-mineurs dans le Kasaï, nous espérons que cet article servira de point de départ à des études plus systématiques. Cette enquête soulève en effet le problème du travail des enfants dans les mines, ses causes et étudie ses répercussions sur l’avenir des enfants, afin de proposer quelques mesures préventives au service du développement.  

Le travail des enfants dans les mines présente des conséquences durables sur leur vie, tant du point de vue de leur santé physique et mentale, que d’un point de vue moral. Au quotidien, dans ces mines informelles, les règles de sécurité ne sont pas respectées. Ces très jeunes travailleurs sont en effet exposés, jour après jour, sans aucune protection et dans une obscurité quasi-totale, aux risques induits par la poussière et le manque d’oxygène. Au-delà des maladies respiratoires, handicapantes, voire mortelles, les enfants sont aussi exposés aux risquent d’éboulements (fréquents) qui provoquent, au mieux, des blessures invalidantes.

Travail des enfants dans les mines en République Démocratique du Congo -  Humanium

Ainsi, au cours des dernières années, de nombreux petits mineurs congolais ont ainsi trouvé la mort dans des conditions qui n’ont rien à envier à celles des tout jeunes ouvriers des pays industrialisés, au XIXe siècle. Comme dans la France de cette époque, les autorités congolaises demeurent aujourd’hui réticentes, ou incapables, à faire voter puis respecter les lois protégeant les enfants au travail. L’environnement économique dégradé du pays en général, et de la province du Kasaï en particulier, explique entre autres la montée en flèche de l’économie informelle au détriment de l’économie formelle et une certaine forme de « démission » de l’Etat.

L'informalité des activités minières et le non respect de l’âge minimum  au Congo

Beaucoup de problèmes liés au travail des enfants s’expliquent, on le comprend, par la nature informelle des activités minières. Plus l’exploitation est isolée et informelle, plus elle échappe à tout contrôle. Les exploitants miniers ne se soumettent ainsi à aucune réglementation du point de vue technique, social ou sécuritaire. Les enfants sont piégés par cet environnement, dans lequel aucune institution ne peut les aider et protéger leurs droits. 

Un élément non négligeable qui explique le travail des enfants dans les mines est l’absence de moyens adéquats pour implémenter la politique de l’Etat en matière de lutte contre le travail des enfants en général, et dans les mines en particulier. Ainsi, l’Etat regarde impuissamment comment les enfants sont exploités et leur avenir gâché. La question de l’âge légal minimum pour le travail des enfants reste entourée d’un mur d’indifférence. Dans les cas d’infractions, il est rare que des sanctions soient prises contre les personnes qui emploient, exploitent ou acceptent que leurs enfants travaillent dans des conditions dangereuses.

mediacongo.net - Actualités - Eradiquer le travail des enfants dans les  mines, une priorité nationale pour la RDC

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Le manque d'éducation des enfants qui travaillent dans les mines du Congo 

Les enfants et leurs parents ignorent les risques du travail dans les mines, ce qui est une des raisons de la présence de nombreux enfants dans les mines. Une étape importante pour supprimer le travail des enfants dans les mines sera donc franchie lorsque les parents prendront conscience que leurs enfants exécutent un véritable travail et courent des risques graves comme la malnutrition ou pire, la mort. Le manque d'emploi dans la région est une cause importante du travail des enfants : de nombreuses familles n’ont pas l’habitude et la culture d’envoyer les enfants à l’école. Au lieu de les envoyer à l’école, une grande partie des familles acceptent que leurs enfants aillent passer leur temps dans les mines. Comme les frais de scolarité augmentent sans cesse et que la population n'a pas d'argent pour payer ces frais, la plupart de ces familles en milieu rural fait le sacrifice de l’éducation des enfants. Et, même si les familles pouvaient trouver des ressources pour les envoyer à l’école, elles ne considèreraient pas la scolarité d’un enfant comme une priorité et ne verraient que le profit immédiat.  

S'épanouir sous La Paillote - Ulule   

https://fr.ulule.com/                    

Une main d’œuvre utile et pas chère

Le besoin des exploitants miniers sans scrupules d’avoir une main d’œuvre bon marché est, bien sûr, une autre raison qui explique la présence et le travail des enfants sur les sites miniers du Congo. Les enfants sont bons à tout. Étant donné leur taille, ils se glissent facilement dans les galeries et ils se hissent dans tous les autres endroits où les adultes sont incapables d’aller. Ils sont utiles pour le travail souterrain dans l’approvisionnement en outillages, en lampes de rechange, en matériaux divers et nourriture aux mineurs sur le site.

mediacongo.net - Actualités - USA: Apple, Google, Dell, Microsoft et Tesla  poursuivis pour exploitation d'enfants dans les mines de cobalt de la RD  Congo

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Témoignages sur la réalité du travail dans les mines au Congo

JOHN

John est originaire du territoire de Masisi. De sexe masculin, John est âgé de 7 ans. Le jeune garçon vit avec ses parents biologiques dans une hutte faite en caoutchouc. Les conflits récurrents dans le territoire de Masisi sont la principale raison de leur venue sur le site de Bisie. John est occupé par la vente des petits matériels nécessaires au travail des mineurs. Il fait des tours dans les différents puits à la quête d’acheteurs de sa marchandise. John contribue ainsi, un tant soit peu, à la survie de sa famille. Les parents de cet enfant sont conscients de leur responsabilité : ils voudraient bien quitter le site pour aller s’installer au chef-lieu du territoire de Walikale, vu que la situation sécuritaire dans le Masisi reste précaire. Cependant, ils ne savent pas quelle activité rentable ils pourraient exercer hors de Bisie ou avec quels moyens ils pourraient faire étudier John. Selon eux, mieux vaut rester sur le site où, bon an mal an, ils trouvent à manger. Ainsi, c’est l’avenir de leur enfant qui est sacrifié. 

PAUL

Paul est originaire de Kisangani, en Province orientale. De sexe masculin, Paul est âgé de 16 ans. Il est venu trouver son grand frère à Bisie, il y a 4 ans. Paul était employé à des travaux d’évacuation d'eau du puits de son grand frère. Avec la suspension des activités minières, il joue le rôle de gardien des minerais de son grand frère, en attendant la reprise des activités minières. Les conditions dans lesquelles vit Paul ne sont pas différentes de celles des autres enfants sur le site, car la crise affecte toutes les familles vivant sur le site. Il voudrait bien reprendre ses études qu’il dit d’avoir interrompues au niveau de la 2ème année secondaire à Kisangani.

16 juin, Journée de l'Enfant Africain - Médiaterre

https://www.mediaterre.org/

Enfances volées...

Mandaté par l'UNICEF, le Bureau International 
des Droits des Enfants a récemment lancé
un projet de 5 mois en Angola visant à renforcer
le système de protection de l'enfance.

 

Un ciel bleu, le vent calme qui soufflait doucement sur les fleurs, les fleurs qui dansaient au rythme du vent. Le seul bruit présent était celui du vent qui souffle dans les fleurs, dans les arbustes, et dans les feuilles des arbres. Il y avait aussi les cris des zungueiras1. Dès que le soleil s'est couché, le ciel bleu est devenu rouge et le vent calme, violent. Le vent souffle jusqu'à ce que les fleurs se dissipent. Les pétales sont arrachés des fleurs et emportés. Le vent emporte les grains de sable des rues. Les zungueiras sont déjà rentrées chez elles. Des fleurs, victimes d'un vent fort et violent qui a emporté leurs pétales.

L'enfant est fragile. L'enfant n'est pas protégé. L'enfant est victime de violence domestique. L’Angola compte de trente millions d’habitants, dont 15,5 millions ont moins de 18 ans. Deux mille cas de violence contre les enfants ont été signalés en 2020 en Angola. Les victimes ont entre cinq et dix-sept ans. Peu de cas sont signalés, en raison de la peur des enfants, peur que personne ne croie en eux et peur d'être seul au monde. Certains types de violence domestique sont encore tolérés, car ils sont une pratique acceptée dans certaines familles. Environ 68% des enfants en sont victimes, maltraités, battus et parfois, certains meurent des coups qu’ils reçoivent.

La violence est en train de tuer les enfants, leurs rêves et leurs espérances. Nous devons nous-mêmes trouver un remède contre cette violence, pour ainsi dire acceptée, quotidienne. Cette violence, c’est elle qui empêche l'enfant de devenir un bon père, ou une bonne mère. Car comme ses parents, la violence coulera dans ses veines.

Chayenne Santos

1. Zungueiras : femmes qui vendent des fruits et légumes dans la rue.  

L’ANGOLA, AU TOP TWENTY DES INEGALITES SOCIALE

L’Angola a du pain sur la planche

Article original en français

                                                                                                                                                                           Hassan Khalil

Classée au 147ème rang sur 189 pays et territoires selon l’indice de développement humain de 2018. Mauvais présage : l’Angola  souffre d’inégalités grandissantes. En effet,  près d’un quart de la population est au chômage et 36 % vit sous le seuil de la  pauvreté, selon le PNUD (Le Programme des Nations-Unies pour le développement). 

L’Angola, qui a connu une croissance économique rapide à partir de la fin de la guerre en 2002,  regorge d’importantes ressources naturelles. Il est le deuxième producteur de pétrole africain après le Nigéria,  la deuxième source de diamants en Afrique après le Botswana, et la quatrième au monde.  Selon le WFP (World Food Program), le PIB par habitant, qui a doublé pour passer de 2 079 dollars en 2002 à 4 164 dollars en 2014, a propulsé l’Angola au troisième rang des économies d’Afrique subsaharienne et au deuxième rang des producteurs de pétrole sur le continent, grâce à sa production et à ses prix élevés. Cependant, pour une grande partie de la population, la croissance économique rapide n’a guère contribué à améliorer la prospérité économique, le niveau de vie a peu évolué, engendrant d’importants déséquilibres et un grand taux de chômage (les chômeurs, surtout des moins de 25 ans, représentent 60 % de la population). 

Des réformes politiques

La Banque mondiale a identifié trois problèmes : la dépendance à l’égard des recettes pétrolières qui rend le pays vulnérable (le secteur pétrolier n’emploie que 1 % des travailleurs, d’où un taux de chômage de 26 %), la volatilité des prix, un système économique enclin à la corruption et un manque de diversification dans le marché du travail.

En effet, après les élections législatives de septembre 2017, un nouveau gouvernement a été formé au cours de la première passation de pouvoir pacifique depuis l’Indépendance. Ce dernier a lancé un certain nombre de réformes qui offrent une conjoncture propice à une croissance plus durable et plus inclusive qui puisse concourir des résultats croissants . Le nouveau gouvernement s’est engagé à instaurer la stabilité macroéconomique, à diversifier l’économie et à créer un environnement propice à une croissance durable et inclusive qui puisse se traduire par des résultats croissants.

Quelle mise en place de régime de change ? 

En 2018, l’adoption d’un nouveau régime de change plus flexible qui se fonde sur un programme triennal du Fonds Monétaire International, a entraîné une dépréciation de la monnaie et a réglé en partie la surévaluation du taux de change réel. L’écart entre le taux de change officiel et le taux de change parallèle s’est réduit à seulement 33 % en juillet 2018, contre 61 % avant l’abandon de l’ancrage au dollar. 

Par conséquent, l’économie n’offre des possibilités de développement qu’à une élite, déclarent les économistes. De même, l’industrie du diamant représente aussi une source de richesse pour le pays mais est souvent accusée de porter atteinte aux droits de l’homme en ne rémunérant pas correctement les heures supplémentaires imposées et en dégradant l’environnement. Ainsi, le sort de la population reste inquiétant. Et, pour créer de l’emploi, le gouvernement a fait voter une loi relative aux opérations de change  applicable au secteur pétrolier et réformé les règlements du secteur minier. Adoptée en novembre 2012, la loi réduit les taxes professionnelles de 35 à 25 %, ce qui entraîne d’importants investissements d’entreprises, notamment des producteurs de diamants De Beers et Sumitomo Corp qui ont construit une usine de production d’ammoniac et d’urée. Cependant le besoin d’agir demeure urgent.

Renforcer l’Education et  bannir les inégalités sociales et sexistes 

Le faible niveau d’instruction et la mauvaise qualité de l’enseignement empêchent les Angolais de participer à la vie économique et publique, et cela de façon disproportionnée pour les habitants des zones rurales et les femmes. Parmi les personnes âgées de 15 à 49 ans, 22 % des femmes n’ont jamais fréquenté l’école, contre 8 % seulement des hommes. Au niveau national, de nombreux enfants restent en dehors du système scolaire, les taux nets de scolarisation dans le primaire n’atteignant que 66 % pour les filles et 89 % pour les garçons. En Angola, la durée prévue de la scolarité d’un enfant qui commence l’école à l’âge de 4 ans est de 7,9 années. Ainsi le grand nombre d’angolais qui manquent d’éducation explique l’existence de travailleurs expatriés.

Les expatriés un atout ou un problème ? 

Selon les critiques, les investisseurs ne créent pas suffisamment d’emplois car ils importent la majeure partie de la main-d’œuvre de l’étranger. En 2008, le consulat angolais a délivré plus de 40 000 visas à des travailleurs chinois, indique World Affairs. Ainsi, la China International Trust and Investment Corporation a employé 12 000 travailleurs chinois et seulement une poignée d’Angolais pendant le pic d’activité du projet de développement de logements sociaux de la municipalité de Luanda, Kilamba Kiaxi. World Affairs  signale que si la majorité de ces travailleurs sont dans la construction, des milliers se tournent par la suite vers l’immobilier, la vente au détail. D’où l’urgence de trouver des politiques qui mettent l’enseignement et les lois de travail au cœur des projets gouvernementaux pour créer des opportunités aux originaires du pays.

L’agriculture un autre secteur à soutenir ?

Bien que le nouveau Gouvernement s’efforce de diversifier l’économie au niveau national, 68% environ de la population angolaise subsiste encore grâce à l’agriculture. Or, ce secteur se caractérise par de mauvais rendements, des prix bas, après d’importantes pertes et une faible rémunération de la main-d’œuvre. Cela s’explique notamment par l’insuffisance des investissements publics, les difficultés d’accès à des intrants de qualité, au financement, à l’information, à la technologie et aux marchés, ainsi que par la vulnérabilité face aux chocs climatiques et les inégalités entre hommes et femmes. Selon le  WFP, le Plan national de développement pour 2018-2022 met l’accent sur l’importance du développement agricole, de l’utilisation durable des ressources naturelles et d’une plus grande concurrence sur les marchés pour garantir la sécurité alimentaire dans le pays. Néanmoins, le Gouvernement reconnaît que les investissements et les compétences techniques du pays en recherche agricole et en analyse de la sécurité alimentaire restent insuffisants. D’où l’importance de mettre une stratégie nationale qui contribue au développement humain, économique et social de l’Angola : investir dans le développement rural, redynamiser l’économie et les infrastructures rurales.

Un futur alarmant

Malgré les efforts et les politiques de réformes employées dans le pays depuis bientôt deux décennies, la future jeunesse angolaise, parait-il, sera confrontée à des problèmes existentiels, selon l’indice de capital humain de la Banque mondiale, estimé à 0,36, en 2018, qu’en raison des niveaux d’inégalité élevés qui ne cessent d’augmenter, la future génération d’Angolais aura un faible niveau de capital malgré le boom économique que connaît l’Angola.

La diversité dans la sélection française de football

 Article original en français de Nadir Araissia
(Pour la version en langue portugaise, voir ci-dessous)


La sélection française de football est une équipe composée de joueurs recrutés par La Fédération Française de Football pour représenter la France dans des compétitions internationales ou dans des matchs amicaux ou d'exhibition. Le critère principal pour qu’un joueur puisse participer à cette équipe est un lien direct à la nation, provenant soit de ses parents soit de ses grands-parents. Un joueur peut aussi ne représenter qu’une seule nation.  Mais ces conditions déclenchent des polémiques, notamment : est-ce vraiment juste, si un joueur est né dans un autre pays ou n'a pas vécu en France ?

Cette question pourrait être posée avec n'importe quelle autre équipe nationale, mais la sélection française est celle attire le plus l’attention, car elle est connue comme celle qui comprend le plus de joueurs de cultures et d’origines différentes.

Pendant la Coupe du Monde de 2018, 82 joueurs représentaient des pays où ils n'étaient pas nés. Parmi ces derniers, la France en comptait 29, en première place, directement suivie par le Brésil (28). Pendant la Coupe du Monde de 2018, 50 joueurs sur les 82 nés dans un pays différent de celui qu’ils représentent, étaient nés en France. Cela pose beaucoup de questions, notamment : pourquoi la France produit-elle tant de joueurs de qualité internationale ? et pourquoi beaucoup d’entre eux sont d’origines si diverses ?

ll est aussi important de savoir que certains de ces joueurs d’origine étrangère sont souvent les meilleurs de leurs équipes, par exemple, Zinedine Zidane (considéré comme le meilleur joueur français de tous les temps), Thierry Henry (meilleur buteur de sélection française), Kylian Mbappe (joueur le plus jeune à avoir gagné une coupe du monde avec la France), etc.

Une raison pour laquelle la France comprend tant d’individus talentueux dans l'équipe nationale d’origines diverses vient d’une période nommée les Trente Glorieuses, période de forte croissance économique et d'augmentation du niveau de vie qu’a connue la grande majorité des pays développés entre 1945 et 1975. A la fin de la Seconde Guerre mondiale, une partie de la France était à reconstruire, le gouvernement français a donc commencé à recruter des travailleurs de l’Europe du Sud et de l’Est ainsi que des colonies d’Afrique du Nord et d’Afrique. A cette période, la France attire alors plus d'immigrés que n’importe quel autre pays européen (2,7 millions). Puis, pendant les années 1960 et au début des années 1970, l'économie française se développe rapidement et une pénurie de main-d'œuvre conduit à une autre vague d'immigrés, principalement d'Afrique et des Caraïbes. Beaucoup d’entre eux s'installent dans des grands ensembles résidentiels à l'extérieur des grandes villes.

En même temps, dans le domaine du sport, la France connaît de mauvais résultats, surtout l'équipe nationale de football qui, entre 1960 et 1974, n’a pas réussi à se qualifier pour trois coupes du monde et trois championnats d’Europe. La Fédération Française de Football décide donc d'implémenter une structure nationale pour le développement de talents : elle a ainsi établi un des premiers systèmes d'académie de football en Europe. En 1972, un centre national de formation est ouvert à Vichy, puis quatre ans plus tard, la Fédération Française de Football décide de collaborer avec les top clubs de France, dans le but de mettre en place un réseau plus large d'académies afin de recruter et de former des jeunes joueurs locaux. En 1988, le centre de formation nationale déménage dans une banlieue au sud de Paris : Clairefontaine. Vers les années 1990, ce système était l’un des meilleurs du monde.

Les résultats s’imposèrent pendant la Coupe du Monde de 1998 quand «Les Bleus» gagnent la coupe du monde, ce qui semble marquer une avancée importante pour le multiculturalisme français, car plusieurs joueurs de cette équipe iconique étaient eux-mêmes des immigrés ou des fils d'immigrés arrivés au XXe siècle. Cette équipe exceptionnelle avait aussi comme surnom « Black, Blanc, Beur » ce qui signifie « Noir, Blanc, Arabe », un jeu de mots inspiré par les trois couleurs du drapeau français.

Cette diversité fait cependant grincer des dents, en particulier les nationalistes comme Jean-Marie Le Pen qui déclare en 2010 sur BFM TV : « Je trouve que c’est quand même un peu artificiel de faire venir des joueurs de l’étranger en les baptisant  équipe de France» ; « On constate que les joueurs des autres équipes chantent leur hymne national de grand coeur et à pleine voix alors que je constate que la plupart des joueurs de l'équipe de France ne le chantent pas ou visiblement ne le savent pas ».

Ainsi, malgré un niveau plus élevé de délinquance et de chômage, les banlieues continuent à produire un grand nombre de talents, car les banlieues sont l’endroit où l’histoire de l’immigration française et le système d'académie de football se rencontrent. Paris est ainsi le plus gros bassin de talents du monde pour le football.

Depuis 2002 le nombre de joueurs participant à la Coupe du Monde dans l'équipe de France nés dans la région parisienne ne cesse d'augmenter. Sur 50 joueurs français participant à la coupe du monde de 2018, 16 sont nés à Paris. L'équipe nationale de foot en compte 8, ce qui inclut Kylian Mbappe, né d'un père camerounais et d’une mère algérienne, dans la banlieue parisienne de Bondy.  Il a aussi été formé par le système français de Clairefontaine. 

Il est en conséquence indéniable que la diversité et le multiculturalisme dans le football a un impact positif pour l’image des Français issus de l’immigration en France, car beaucoup de jeunes ont grandi pendant l'ère de cette équipe iconique, et que l’immigration en France a eu un impact positif pour le système de formation de foot français et pour le succès international de l'équipe nationale de France.

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Version en langue portugaise

A diversidade na equipa nacional de futebol francesa

A equipa nacional de futebol francesa é uma equipa composta por jogadores recrutados pela Federação Francesa de Futebol para representar a França em competições internacionais ou em jogos amigáveis ou de exibição. O principal critério para um jogador participar nesta equipa é uma ligação direta com a nação, quer dos pais, quer dos avós. Um jogador também pode representar apenas uma nação.  Mas estas condições desencadeiam controvérsias, em particular: é realmente justo, que um jogador que nasceu em França mas   não viveu lá possa pertencer a sua seleção?

Esta pergunta poderia ser feita com qualquer outra seleção nacional, mas a seleção francesa é a escolhida porque é conhecida como a que tem mais jogadores de diferentes culturas e origens.

Durante o Mundial de 2018, 82 jogadores representaram países onde não nasceram. Destes, a França tinha 29 participantes no Mundial, o 1º lugar antes do Brasil (28). Durante o Mundial de 2018, 50 dos 82 jogadores nascidos num país diferente daquele que representam nasceram em França. Isto levanta muitas questões, incluindo: porque é que a França produz tantos atores de qualidade internacional? E por que muitos deles vêm de origens tão diversas?

Também é importante saber que alguns destes jogadores estrangeiros são muitas vezes os melhores das suas equipas, por exemplo, Zinedine Zidane (considerado o melhor jogador francês de todos os tempos), Thierry Henry (melhor goleador francês), Kylian Mbappe (jogador mais jovem a ter vencido um Mundial com a França), etc.

Uma das razões pelas quais a França tem tantos indivíduos talentosos na seleção nacional de várias origens provém de um período chamado os “Trinta Gloriosos”, que se refere ao período de forte crescimento económico e ao aumento dos padrões de vida vividos pela grande maioria dos países desenvolvidos entre 1945 e 1975. No final da Segunda Guerra Mundial, parte da França foi destruída, pelo que o governo francês começou a recrutar trabalhadores da Europa do Sul e oriental, bem como colônias no Norte e na África Central, a fim de reconstruir a França. Entretanto, a França atrai mais imigrantes do que qualquer outro país europeu (2,7 milhões).

Então, durante a década de 1960 e início da década de 1970, a economia francesa cresceu rapidamente e a escassez de mão de obra levou a outra vaga de imigrantes, principalmente da África e Caraíbas. Muitos deles instalaram-se em grandes complexos residenciais fora das grandes cidades. 

Ao mesmo tempo, a França também esteve em crise, especialmente a seleção nacional de futebol que, entre 1960 e 1974, não conseguiu a qualificação para três Campeonatos do Mundo e três campeonatos europeus. A Federação Francesa de Futebol decidiu implementar uma estrutura nacional para o desenvolvimento de talentos: estabeleceu assim um dos primeiros sistemas de academias de futebol da Europa. 

Em 1972, foi inaugurado um centro nacional de formação em Vichy e, quatro anos depois, a Federação Francesa de Futebol decidiu colaborar com os principais clubes da França, com o objetivo de criar uma rede mais alargada de academias para recrutar e formar jovens jogadores locais.

Em 1988, o centro nacional de formação mudou-se para um subúrbio ao sul de Paris chamado Clairefontaine. Por volta da década de 1990, este sistema foi um dos melhores do mundo, os resultados foram muito evidentes durante o Mundial de 1998, quando "Les Bleus" ganharam o Mundial, o que parecia marcar um avanço para o multiculturalismo francês, já que vários jogadores desta icónica equipa eram eles imigrantes ou filhos de imigrantes que chegaram no século XX.

Esta equipa excecional também tinha a alcunha de "Black, Blanc, Beur" que significa preto,  branco e árabe, uma anedota inspirada pelas três cores da bandeira francesa. Esta diversidade não tem sido apoiada por todos, especialmente nacionalistas como  Jean-Marie Le Pen, que disse: "Continuo a achar que é um pouco injusto trazer jogadores do estrangeiro e batizá-los com a equipa francesa em mente"; "Podem ver que os jogadores das outras equipas cantam o seus hinos nacionais com o coração e voz quando vejo que a maioria dos jogadores da equipa francesa não a cantam ou obviamente não sabem a letra do hino nacional."

Apesar dos comentários racistas, os jogadores das famílias de imigrantes não deixaram de fazer parte da seleção nacional, muitos deles oriundos de uma parte da França, em particular dos subúrbios de Paris, onde 38% dos imigrantes se instalaram. Apesar de um nível mais elevado de delinquência e desemprego, os subúrbios continuam a produzir um grande número de talentos, sendo que são o local onde a história da imigração francesa e do sistema da academia de futebol se encontram. Isto mostra que Paris tem o maior conjunto de talentos do mundo para o futebol.

Desde 2002, o número de jogadores que participam no Mundial da equipa francesa nascidos na região de Paris continua a aumentar. Dos 50 jogadores franceses que participaram no Mundial 2018, 16 nasceram em Paris. A seleção nacional de futebol tem 8, incluindo Kylian Mbappe, nascido de um pai camaronês e uma mãe argelina nos subúrbios de Paris chamado Bondy, que também foi treinado pelo sistema francês em Clairefontaine. 

Podemos concluir que a imigração teve um impacto positivo para a imagem dos imigrantes franceses em França, uma vez que muitos jovens cresceram durante a época desta equipa icónica sob o sistema de diversidade e multiculturalismo, e que a imigração Francesa teve um impacto positivo no sistema de treino do futebol francês e no sucesso internacional da seleção francesa.

 


L'alphabet inclusif de Tristan Bartolini

Article et podcast d'Inès de Wolf et Zena Al Ashe
(Pour les versions en langue portugaise, voir ci-dessous)                                                                                                          

Ecoutez au préalable le PODCAST !

Imaginez, mes chers amis, un alphabet épicène, neutre, dans lequel les caractères ne représentent ni le genre masculin ni le genre féminin. Imaginez une solution au débat du potentiel sexisme de la langue française. Voici une proposition apportée par un étudiant graphiste suisse, Tristan Bartolini. Le but de son projet académique était d’abord de trouver une manière de rendre l’alphabet français un alphabet plus neutre. Mais cette idée, cette proposition est vite devenue un débat.


Je n’oserais pas présenter son invention comme l’alphabet du futur, mais c’est en tout cas une alternative plus inclusive à considérer. Je dis plus inclusive car, depuis toujours, le masculin, en grammaire et socialement, l’emporte sur le féminin, et le débat commence par là. Pourquoi conjugue-t-on le plus souvent les verbes à la troisième personne aux pronoms personnels masculins, négligeant le “elle” et le “elles” ? Pourquoi les mots sont-ils, dans le dictionnaire, tous accordés au masculin avant le féminin ?  Pourquoi refusez-vous de reconnaître cet alphabet épicène comme étant une alternative inclusive ? C’est un lot d’une quarantaine de caractères constitué de signes épurés, lisibles, élégants et poétiques, résultant d’heures de travail. Vous me direz donc que cet alphabet est une complication “inutile” et que le masculin est confondu avec le neutre français, mais pourquoi il n’y a-t-il pas, en français, de déterminant neutre, qui indiquerait à la fois le masculin et le féminin et inclurait les “nouveaux genres” qui prennent place dans la société. Vous me direz donc qu’il est plus facile de mettre les noms masculins en premier, dans le dictionnaire, car les noms féminins sont plus longs à écrire. Alors, pourquoi ne mettons-nous pas tous les noms avec les deux genres ensemble, superposés ? Il n’y aura pas besoin de débattre sur lequel mettre en premier. Vous me poserez aussi la question sur les livres rédigés en langue française : comment conserver la belle manière d’écrire des grands auteurs d’autrefois ? Je vous répondrai que, depuis l’apparition de la littérature en langue française, le français lui-même n’as cessé d’évoluer, s’adaptant à son époque, aux gens qui le parlaient, le lisaient et l’écrivaient. 


Exemples de termes écrits avec l'alphabet de Tristan Bartolini

                       Exemples de phrases écrites avec les signes de Tristan Bartolini et comparés aux phrases originales

En conclusion, les langues ne sont pas figées, elles évoluent constamment, elles sont vécues par les personnes qui les utilisent et les façonnent à leur image. S'il s'agit d'un problème de lutte contre le sexisme ancré dans la langue, pourquoi ne pas changer la langue pour refléter notre modernité ?

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Tradução do artigo do podcast, pelo Reverso

 

   O alfabeto epiceno é a criação feita pelo estudante suíço Tristan Bartolini para seu projeto de bachelor. Consiste na invenção de um complemento ao nosso alfabeto constituído por cerca de quarenta caracteres que tornam as palavras da língua francesa neutras de género. 

    Sobrepor os géneros feminino e masculino poderia ser uma solução que permitiria tornar a nossa escrita mais inclusiva. Na sua abordagem gráfica e militante, o desenhador criou sinais sobrepostos às terminações geradas a fim de obter nomes, adjetivos ou pronomes epicenos.

   Ao longo do tempo, foram criados vários processos gráficos para combater o sexismo e permitir uma melhor representação de todos os gêneros em diferentes línguas. Um deles, o ponto médio, é um sinal tipográfico utilizado em francês em certas formas de escrita inclusiva, para inserir as formas feminina, masculina e plural de um mesmo termo sem ter que recorrer a duplicados. Surgiram também neologismos como a mistura de pronomes, um processo linguístico que permite designar pessoas sem fazer referência ao seu gênero. Outro caráter, a arobase, também é usado por ativistas como gênero neutro. 

     Em espanhol, por exemplo, as letras ‘a e ‘o' designam, respetivamente, o feminino e o masculino. A fim de tornar algumas palavras epicenas, a arobase, que se assemelha à mistura destas duas letras, substituí-los. Esta última solução não é aplicável em francês devido às diversas terminações que podem ser encontradas na língua. É aqui que Tristan Bartolini intervém com a criação de caracteres que servem o mesmo objetivo. Assim, para cada palavra com uma versão masculina e uma versão feminina é inventado um carácter que entrelaça as letras que constituem as terminações destas palavras.

     Ele disse: "A primeira observação foi que devíamos considerar a ortografia, respeitar a ortografia das terminações feminina e masculina e sobrepô-los em um único sinal, mas as letras deviam estar suficientemente presentes para que pudéssemos reconhecê-los intuitivamente e ler o sinal quando ele é contextualizado em uma palavra.". Para isso, estuda a grafia de cada letra, bem como a fusão de algumas delas, e concebe, primeiro no papel e depois numericamente, um complemento ao nosso alfabeto. “Eu precisava de uma sistemática. Eu tinha um critério básico: visibilidade. Eu queria caracteres óbvios, práticos, fáceis de usar. Fiz longas viagens de ida e volta, levando a experimentação ao mais complexo, voltando muitas vezes ao mais simples”, sorri o jovem estudante na alta escola de arte e design de Genebra.

    Tendo como objetivo que a língua francesa não seja sexista e não represente nem o género masculino nem o género feminino, Tristan Bartolini realiza este projeto na esperança de que possa um dia conduzir a novos usos e nos leve a refletir sobre as nossas práticas.

"A língua francesa põe de lado algumas pessoas que, hoje mais do que nunca, procuram ocupar um lugar no nosso mundo." diz o desenhador, potencial inventor do alfabeto do futuro.

 

Tradução do outro artigo, pelo Reverso

 

    Imaginem, meus queridos amigos, um alfabeto epicénico, neutro, no qual os caracteres não representam nem o género masculino nem o género feminino. Imaginem uma solução para o debate do potencial sexismo da língua francesa. Esta é uma proposta feita por um estudante de desenho suíço, Tristan Bartolini. O objectivo do seu projecto académico era, em primeiro lugar, encontrar uma forma de tornar o alfabeto francês mais neutro. Mas esta ideia, esta proposta, tornou-se rapidamente um debate.

    Não ousaria apresentar a sua invenção como o alfabeto do futuro, mas é, de qualquer modo, uma alternativa mais inclusiva a considerar. Digo mais inclusivo porque, desde sempre, o masculino, em gramática e socialmente, vence o feminino, e o debate começa por aí. Por que os verbos na terceira pessoa são, na maior parte das vezes, combinados com pronomes pessoais masculinos, descurando o "ela" e o "elas"? Porque é que as palavras no dicionário são todas dadas ao masculino antes do feminino? Por que se recusa a reconhecer este alfabeto como uma alternativa inclusiva? Trata-se de um lote de cerca de 40 caracteres constituídos por sinais limpos, legíveis, elegantes e poéticos, resultantes de horas de trabalho. Dir-me-ão, portanto, que este alfabeto é uma complicação "inútil" e que o masculino é confundido com o neutro francês, mas por que razão não existe, em francês, um determinante neutro, que indique simultaneamente o masculino e o feminino e inclua os "novos gêneros" que têm lugar na sociedade. Por isso, dir-me-ão que é mais fácil colocar primeiro os nomes masculinos no dicionário, porque os nomes femininos demoram mais tempo a escrever. Então, porque não juntamos todos os nomes com os dois tipos, beliches? Não haverá necessidade de debater qual deles será o primeiro. Também me vai fazer a pergunta sobre os livros franceses: como é que vamos conservar a bela maneira de escrever dos grandes autores da época? 

   Desde a aparição destes livros, o francês que eles falavam na época não é o mesmo  que estamos falando hoje, os livros foram, portanto, alterados para que possamos entendê-los. 

Em conclusão, as línguas não estão congeladas, evoluem constantemente, são vividas pelas pessoas que as utilizam e as moldam à sua imagem. Se se trata de um problema de luta contra o sexismo enraizado na língua, por que não mudar a língua para reflectir a nossa modernidade?

 




                                                                                   

Covid-19 et Afrique : solidarité pédagogique par le numérique

En Afrique, la pandémie de la Covid-19 a causé moins de dégâts que dans les autres continents. Cette situation a néanmoins davantage entravé l’éducation, déjà marquée par l’absence de scolarisation de plus de 200 millions d’enfants et d’adolescents. La suspension des cours a touché 140 millions d’enfants de la région de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique centrale. Le développement du numérique est vite apparu comme une solution de diffusion pour répondre aux besoins de formation et d'apprentissage. Cependant, pour ce qui est du développement des technologies de l’information de la communication et de leur utilisation, l’Afrique est toujours loin de pouvoir se mettre au niveau des autres puissances mondiales. Si les mesures prises ont parfois permis, dans certains pays, de favoriser la continuité de l’éducation à partir de chez soi, malheureusement, en raison d’infrastructures insuffisantes, notamment dans certaines zones géographiques, et du manque de ressources d’apprentissage en ligne, ces efforts présentent des limites en termes d'inclusivité et d'équité.

Ce continent possède beaucoup de richesses naturelles, mais connaît un grand retard technologique. 

Des partenaires comme “Education Cannot Wait” ont pris l’initiative de faire un acte solidaire et d'allouer 15 millions de Dollars à la réponse de support humanitaire mondiale à la Covid-19. Ce soutien se traduit notamment, afin de réduire l’effet de la pandémie sur l’éducation, par des subventions de 1,5 millions de dollars au Burkina Faso et la République démocratique du Congo et de 250 millions de dollars à 35 pays d’Afrique, à destination, plus spécifiquement des élèves les plus pauvres et les plus vulnérables. Certains habitants du Mali et du Bénin ont également fait preuve de solidarité envers leur pays de façon totalement gratuite.

Au Mali, plus précisément à Bamako, un projet nommé “So Kalan”, qui signifie “l’école à la maison” en bambara, langue du pays, a été mis en œuvre. Il consiste à mettre en place des partenariats avec des écoles qui prônent l'excellence, en créant des capsules didactiques, séquences de vidéos courtes de 1 à 5 minutes en général. Ces vidéos sont diffusées à la télévision sur la chaîne locale : “Africable télévision”. Il y a des cours de mathématiques, de physique-chimie, de géographie et de français pour les élèves de la classe de 3e à la 2de. Pour les élèves qui n’ont pas pu assister aux cours diffusés à la télévision, il leur est possible de rattraper les cours sur la plateforme numérique appelée “So Kalan.com”. Pour y accéder, il faut un pseudo et un mot de passe individuel. Il est aussi possible de se connecter à d’autres réseaux sociaux comme Facebook, WhatApp, Linkedin, entre autres, pour suivre les cours. Il existe aussi une autre plateforme liée à “So Kalan.com” qui, elle, est dédiée à l’interaction entre élèves et professeurs pour des questions liées au cours diffusés durant la semaine ou même pour bénéficier de cours de soutien. Comme la majorité de la population n’a pas de connexion à l’internet ou même d'ordinateurs, l'option la plus pratique a donc été la diffusion à la télévision. Cependant, il conviendra à l'avenir pour le gouvernement d'investir dans le développement du numérique : ainsi, davantage de jeunes auraient un accès facile à internet et/ou à des ordinateurs et/ou à la télévision, et par suite à un enseignement en distanciel plus interactif.

 Ada Ouologuem, de So Kalan 
                                         

Publicité de l’émission So Kalan

Plus de 90% des populations d'Afrique subsaharienne regardent la télévision tous les jours. Même si 80% ont un téléphone, peu d'individus ont un accès facile à Internet. Cela rend l'apprentissage en ligne pour tous plus difficile, en particulier pour les populations les plus isolées ou les plus vulnérables, qui souffrent le plus des inégalités en matière d'accès à l'éducation. A cette fin, cette initiative pourrait se poursuivre au-delà de la crise de la Covid-19, en tant que facteur d'amélioration à l'accès à l'éducation pour tous.

Au Bénin, dans la ville de Cotonou, un projet nommé “Classe-19” a été mis en place. Le principe est le même que celui de “So Kalan”. Ce qui change est le mode de diffusion. Des professeurs certifiés ont fait plus de quarante enregistrements avec des activités, des leçons et des exercices d'entraînements, qui ont été enregistrés sur des DVD. Sachant que pour lire un DVD, il nous faut un ordinateur ou une télévision, le développement du numérique aidera beaucoup, car l'accès au digital n’est pas donné à tous. Un peu moins de 15 000 DVD ainsi ont été distribué du nord au sud du pays dans des commerces de proximités tels que les pharmacies. 

Roland Houngbadji, fondateur de Classe-19


Exemplaire d'un DVD du projet Classe-19

Il est impératif d’assurer à tous un accès à l’éducation. Heureusement que des gens de bonne volonté prennent leur relais, par leur sens de l’initiative, à la passivité des Etats. Le rôle de ces derniers est pourtant déterminant, notamment en termes d’investissement dans le numérique. Est-il seulement acceptable que les dirigeants des pays africains délaissent ainsi leur jeunesse ? L’Afrique n’aurait-elle donc pas les moyens de mener une véritable politique de développement au service de l’éducation ?

Le Mali et le Bénin ne sont pas des pays très développés ; pourtant, ils ont, à l’occasion de la crise sanitaire, fait preuve de volontarisme en matière d’éducation des jeunes en s’efforçant de garantir une certaine continuité pédagogique. D’autres, en revanche, comme l’Angola, ont tout simplement fermé les établissements scolaires, pendant des mois, sans alternative. Plutôt que de demeurer sans rien faire en attendant que la pandémie cesse, les pays francophones d’Afrique, plus investis dans l'éducation que les pays non francophones, pourraient à ce titre servir de modèle de développement. Être solidaire, c’est faire évoluer son pays.

Denise Zaka
Alicia Nunes

Hymne au multiculturalisme : Foire d'art contemporain africain 1-54 à Paris

                                                                                       Article original d'Hélio Santo et Hugo Santos 

La francophonie, est célébrée chaque année le 20 mars, elle désigne la communauté des personnes, physiques ou morales, qui utilisent, totalement ou partiellement, le français comme langue - maternelle, d'usage, administrative, d'enseignement ou choisie. On parle désormais de francophonie avec un « f » minuscule pour désigner les locuteurs de français, et de Francophonie avec un « F » majuscule pour figurer le dispositif institutionnel organisant les relations entre les pays francophones, en particulier de l'Organisation Internationale de la Francophonie.

Un des thèmes défendus par la Francophonie est le multiculturalisme, qui est la coexistence de plusieurs cultures, souvent encouragées par une politique volontariste.

Alors que la mondialisation fait peser un risque d’uniformisation des cultures, la Francophonie est engagée depuis ses origines pour la diversité culturelle et linguistique dans le monde.

Pour la troisième année consécutive, le 21 septembre 2012, la Francophonie a participé au festival multiculturel d’Abbotsford au Canada : Abby Fest. C’est un événement haut en couleur qui célèbre aussi bien le multiculturalisme que les échanges entre les ethnies représentées dans cette grande région de la Vallée du Fraser.

Ici on s’intéressera à un événement plus récent, la foire d’art contemporain 1-54 à Paris chez Christie’s qui défend dans l’esprit de la Francophonie le multiculturalisme à travers la promotion de l’art contemporain, en aidant les peintres africains à gagner de la reconnaissance dans le monde des arts. 

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Le 18 (plateforme indépendante de création) s’est employé à organiser le 1-54 à Paris chez Christie’s, qui s’est déroulé du 20 au 23 janvier de cette année, pour la première fois, dans la capitale française. Cette foire tient des éditions annuelles à Londres depuis 2013, New York depuis 2015 et Marrakech depuis 2018. Faisant référence aux cinquante-quatre pays qui constituent le continent africain, le 1-54 est une plateforme durable et dynamique qui est engagée dans un dialogue et un échange contemporains. Il s’agit de la première foire d'art internationale consacrée à l'art contemporain d'Afrique. Elle a été fondée par Touria El Glaoui, une entrepreneuse franco-marocaine qui s’emploie à favoriser l’émergence d’un marché et à faire connaître l’art contemporain africain au niveau international.

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En ces temps de pandémie, l'objectif était plus spécifiquement de créer des liens qui puissent faciliter la connexion des artistes avec les conservateurs et les institutions. Malgré les restrictions sanitaires, le 1-54 fait en sorte que l’art et la culture continuent à vivre. Compte tenu de la situation, cette édition parisienne fut donc un événement intimiste, marqué par l’exposition de fabuleuses œuvres d’art et ponctué de conversations passionnantes. Afin de garantir la santé et la sécurité de chacun, 1-54 a mis en place, en collaboration avec Christie’s et conformément à la réglementation nationale française, des mesures sanitaires strictes, telles que l’allocation de créneaux de visite VIP (à réserver à l’avance en ligne au mois de janvier), un circuit à sens unique au sein de l’événement, le port du masque obligatoire, des stations de désinfection des mains et une capacité limitée et contrôlée en permanence.

L’art contemporain africain s'inspire aussi bien des traditions du continent que des réalités urbaines contemporaines de l'Afrique. Les techniques et les supports sont variés : peinture, installations avec projection vidéo, sculptures faites en matériaux de récupération.

À la fin des années 1960, l'art moderne et contemporain africain se définit par opposition à une forme artistique précoloniale qui est reliée à un peuple ou à un groupe culturel. L'art contemporain naît à la fin de la période coloniale avec l'apparition d'artistes qui ne sont plus les représentants anonymes d’un groupe social, mais des individus singuliers, identifiables par leur style. Cependant, sur la scène internationale, les artistes africains se font étouffer par les artistes européens et américains qui disposent de ressources pour se faire mieux connaître dans le monde des arts grâce à des galeries d’arts, des expositions ou des évènements artistiques.

Parmi les artistes africains ont participé à cet événement artistique, Souleimane Barry, né au Burkina Faso en 1980. Il peint des toiles oniriques, riches en symboles, de la diaspora africaine et de l'imaginaire collectif. Son esthétique a été influencée par les toiles de Francis Bacon et de Jean-Michel Basquiat.


Souleimane Barry, Mal Chaussé

Cette œuvre de Souleimane Barry, intitulée Mal Chaussé, illustre bien la manière dont elle peint ses toiles. Les éléments oniriques tels que les personnages déformés (pas de tête, juste un masque, bras étrange, pas de jambes) s’inspirent du surréalisme en donnant le primat à l’imagination et l’irrationnel, tout en traduisant un éclatement de la personnalité, révélateur des traumatismes de toute migration. Le tableau marque la rencontre entre deux mondes, l’Afrique et l’Europe : la femme, assise à gauche du tableau, connote l’Afrique, les oiseaux la luxuriance des forêts tropicales, quand les fils barbelés évoquent plutôt les frontières, ou les camps européens où l’on place les migrants, l’idée d’un voyage ou d’un passage difficile d’une vie à une autre. La femme, qui n’a pas deux chaussures identiques, porte les signes de sa misère, en même temps qu’elle a encore un pied dans le monde qu’elle vient de quitter et qu’elle n’est pas encore arrivée dans celui qu’elle cherche à atteindre.

Delphine Desane, née en 1988 à Paris, a été styliste de mode pendant 10 ans à Paris, Milan et New York, elle a commencé à peindre pendant le congé de maternité, et à partir de là sa carrière a changé de chemin. Elle commença donc à se consacrer entièrement au monde des arts où dans ses portraits féminins, elle s’inspire de sa propre expérience de mère et de femme noire. Issue de parents haïtiens, elle peint des sujets de la diaspora africaine et caribéenne, en majorité des femmes, qui pourraient lui être apparentées. 

On peut voir au premier plan une première femme buste de face, visage de profil, vêtue d’une robe blanche, le visage fermé, se touchant d’une main l’extrémité de ses cheveux longs et frisés lui revenant sur la poitrine. Elle se détache sur un fond aux couleurs très vives, où un rouge presqu’oppressant domine. Comme seule et hypothétique échappatoire, une toute petite fenêtre, d’un bleu azuré ou océanique en haut à droite. Superposant les plans, Delphine Desane représente au-dessus de son épaule gauche une autre femme (ou la même ?), nue, couchée sur le dos, comme perçue de haut par quelqu’un qui la surprendrait en plein sommeil dans son lit. Image d’une intimité surprise ? De l’ensemble se dégage une impression de sensualité féminine, mais aussi d’angoisse, teinté de mystère. Quelle est la cause de ce profond chagrin qu’évoque le titre du tableau : Deep sorrow ?


Delphine Desane, Deep Sorrow

Cristiano Mangovo, né en 1982 en Angola, vit et travaille à Lisbonne, au Portugal. Diplômé de l’École des Beaux-Arts de Kinshasa, en République démocratique du Congo, il a reçu une formation complémentaire en scénographie et performance urbaines. 

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Cristiano Mangovo, The Murmurers

La représentation des êtres et des choses est ici fondée sur des visions angoissantes, cauchemardesques, en raison du processus de déformation du réel mis en œuvre par le peintre. Cette espèce de stylisation cherche à atteindre une grande intensité expressive. Cristiano Mangovo cherche en effet à libérer l'inconscient et il possible de voir, à travers cette esthétique de la monstruosité, un art de la protestation, avec une orientation sociale.